Atelier d'écriture : découvrir les contrerimes, le triolet et le pantoum
- Vincent Pessama

- 10 janv. 2024
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 févr.
Aujourd'hui nous avons travaillé trois types de poèmes à forme fixe.

1. Les contrerimes
La contrerime est un quatrain combinant :
Des rimes embrassées (ABBA)
Une structure métrique alternant 8 et 6 pieds (8-6-8-6)
Cette combinaison offre à la fois une harmonie et un déséquilibre.
Ce type de poème doit son nom à Paul-Jean Toulet (1867-1920), dont le recueil Contrerimes fut publié à titre posthume en 1921.
Voici notre exemple :

Le sujet de votre poème était libre mais vous pouviez trouver de l'inspiration :
Dans les phrases issues des duos gagnants
Dans la liste des souvenirs (Le sel de la vie)
Contrerime de Francine (G1 Créon)
Cœur battant la grande chamade
Le sang si vif bouillonne.
Les rêves affluent, fanfaronnent,
S’échappent en escapade.
2. Le triolet (ou rondeau)
Un triolet est composé de huit vers utilisant deux rimes.
Il est construit de la manière suivant :
Le premier vers est répété au quatrième et septième vers (en rouge dans l'exemple ci-dessous).
Le deuxième vers est répété au huitième vers (en bleu dans l'exemple ci-dessous).
Le triolet est généralement octosyllabique (8 pieds). Il peut être composé de deux quatrains ou bien d'un seul bloc, formant un huitain que l'on appelle alors triolet continu.
J'ai choisi le poème écrit en hommage à George Sand de Léon Valade.
Un rossignol chanta, dit-on,
Sur sa tombe à peine scellée ;
A l'aumônier donnant le ton,
Un rossignol chanta, dit-on :
Pour les bonnes gens du canton,
C'est l'âme qui prit sa volée...
Un rossignol chanta, dit-on,
Sur sa tombe à peine scellée.
Voici un triolet écrit par Sylvia (G1 à Créon)
Un personnage de roman
c’est de l’encre sur un papier,
un aventurier, un amant.
Un personnage de roman
c’est de l’encre sur un papier
qui s’accroche comme un aimant.
Mais il ne faut pas s’y fier,
un personnage de roman
c’est de l’encre sur un papier.
Et un autre écrit par Dominique (G1 à Créon)
Sautillant sur les cailloux
je remonte le torrent.
Je fais gaffe à mes genoux,
sautillant sur les cailloux.
J’éclabousse le hibou
en riant à pleines dents.
Sautillant sur les cailloux,
je remonte le torrent.
Et un autre écrit par Caroline (G2 à Créon)
À quand la fin de tout ceci,
Qui nous réduit et nous fait peur ?
Sans doute à l’issue du repli…
À quand la fin de tout ceci ?
Nous pourrirons éprouver l’envie
De prophétiser le bonheur…
À quand la fin de tout ceci
Qui nous réduit et nous fait peur ?
3. Le pantoum
Le pantoum tient ses origines dans la poésie malaise.
Il composé de quatrains à rimes croisées (ABAB) et d'une métrique de 8 ou 10 pieds conservée dans l'intégralité du poème.
Sa particularité réside dans son système de reprises :
Le deuxième et le quatrième vers de chaque strophe sont repris respectivement comme premier et troisième vers de la strophe suivante.
Le tout dernier vers du poème reprend le premier.
La prouesse du pantoum se situe dans sa capacité à entrelacer deux sens, deux thématiques ou deux sujets dans le même quatrain (alternance tout les deux vers).
Exemple n°1 : Poèmes tragiques de Leconte de Lisle (1818 - 1894).
Dans les deux premiers vers : la complainte et le récit du meurtrier.
Dans les deux derniers, le paysage qui résonne avec les sentiment du meurtrier.
Ô mornes yeux ! Lèvre pâlie !
J’ai dans l’âme un chagrin amer.
Le vent bombe la voile emplie,
L’écume argente au loin la mer.
J’ai dans l’âme un chagrin amer :
Voici sa belle tête morte !
L’écume argente au loin la mer,
Le praho rapide m’emporte.
Voici sa belle tête morte !
Je l’ai coupée avec mon kriss.
Le praho rapide m’emporte
En bondissant comme l’axis.
(...)
Exemple n°2 : la chanson Deux chevaux de Juliette.
Extrait des paroles (admirez le travail, c'est brillant !) :
Sans but et sans itinéraire
Un de ces jour où il fait beau
Emmène-moi et partons faire
Une virée en Deux Chevaux.
Un de ces jour où il fait beau
Le long des collines gasconnes
Une virée en Deux Chevaux
C'est d'la jeunesse qu'on braconne.
Le long des collines gasconnes
Le cœur au rythme du moteur
C'est d'la jeunesse qu'on braconne
Sans regarder l'rétroviseur.
Le cœur au rythme du moteur
Le hasard a choisi la route
Sans regarder l'rétroviseur
La terre tourne sans qu'on s'en doute.
(...)
Et voici le Pantoum de Annick (Groupe 2 Libourne)
Pauvres palmiers abandonnés
Vous vous agitez vainement
Tels mes délirantes pensées
Dans un splendide embrasement.
Vous vous agitez vainement
Sous l’assaut du vent forcené
Dans un splendide embrasement
D’hésitations entremêlées.
Sous l’assaut du vent forcené
Votre corps torturé se plie
D’hésitations entremêlées
A la recherche de l’oubli.
Votre corps torturé se plie
Suppliant d’être pardonnés
A la recherche de l’oubli
Pauvres palmiers abandonnés.
Pantoum de Caroline (Groupe 2 Créon)
Il suffisait d’une chansonnette
Pour se réjouir d’être vivant,
D’une mélodie très guillerette
Afin d’éloigner le présent.
Pour se réjouir d’être vivant,
Quatre pupitres de chanteurs,
Afin d’éloigner le présent,
L’œil pétillant, la bouche en cœur.
Quatre pupitres de chanteurs
Des femmes des hommes, en sol, en fa,
L’œil pétillant, la bouche en cœur,
Ravissent les âmes et donnent la joie.
Des femmes, des hommes, en sol, en fa,
Petite armée de chœur en fête,
Ravissent les âmes et donnent la joie.
Il suffisait d’une chansonnette.
Pantoum de Francine (Groupe 1 Créon)
Petite Marie flâne en chemin
Elle aime les étoiles-cailloux
Les serre au creux de ses mains
Pour elle tout est bijoux !
Elle aime les étoiles-cailloux
Le soleil brille comme un diamant
Pour elle tout est bijoux !
Elle chante et rit en dansant.
Le soleil brille comme un diamant
Mais un éclat peut aveugler !
Elle chante et rit en dansant
Est-ce pour ne pas pleurer ?
Mais un éclat peut aveugler !
Marie clôt ses douces paupières
Est-ce pour ne pas pleurer ?
Oublier hier ! Oublier hier !
Marie clôt ses douces paupières
Trop de nuages et de chagrins
Oublier hier ! Oublier hier !
Petite Marie flâne en chemin.


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